Aujourd'hui nous partons pour une descente de 2 jours en kayak sur la NamTha, toujours en compagnie de nos 2 Allemands. En passant, on a appris que 'nam' signifie 'rivière' et 'Luang' signifie ville. Donc, 'ville de la rivière Tha'. Simple non?

La journée commence par une bonne soupe de riz et poulet question de faire le plein d'énergie avant la grande aventure. Ensuite, direction l'office de Green Discovery pour rencontrer Oun, notre guide kayakiste et de Doui, son assistant.

Nous arrivons sur les rives de la Nam Tha vers 9h30, les kayaks de style 'raft' sont gonflés, nous transférons nos affaires dans les 'drybags' fournis et Oun insiste sur le port de vestes et de casques malgré le niveau très bas de la rivière. Quelques instructions de sécurité plus tard et c'est un départ…

Le début de l'expédition est très calme et nous pagayons sans difficulté en admirant la jungle environnante…évidemment ça se complique: Premières rapides et….le kayak 'flippe'! Nous voilà dans la rivière, tous mouillés, essayant tant bien que mal de garder notre équilibre contre le courant qui emporte nos affaires (dont les gougounes de Nadia qui trouve le temps de paniquer en se demandant comment elle fera le reste du trek pieds nus!?!) Cette dernière fini par lâcher prise et dérive jusqu'à la fin de la cascade où Oun l'accroche au passage et la remet dans le kayak où Alexandre a repris place. Ellen et Tilo, morts de rires, lui rendent ses sandales. Trempée, pleine de bleus et d'écorchures (on comprend maintenant l'utilité du casque!!!), c'est reparti!

Ok, maintenant on a saisi le principe: la personne assise à l'avant (en l'occurence Nadia) doit arrêter de pagayer lors du passage de rapides et se DOIT d'indiquer à la personne assise à l'arrière (Alexandre) où se trouvent les roches susceptibles de nous renverser! C'était ÇA le truc! Nadia prend un malin plaisir à jouer les commandants en chef et à crier des 'GAUCHE' , 'DROITE' , 'TOUT DROIT' ou 'J'AI DIT GAUCHE!! MAIS QU'EST-CE QUE TU FAIS???" à son amoureux qui se sert de sa pagaie comme gouvernail pour diriger le kayak.

Le reste du trajet se passe sans trop de problèmes, jusqu'à ce que BOUM! Une collision avec les 2 Allemands coincés sur une roche, impossible de les contourner. PLOUF! Nadia (pas même sèche du PLOUF précédent) part à la dérive encore une fois...Encore. Évidemment.

Une pause bien méritée pour que Nadia soigne ses plaies, et parce que la descente nous a creusé l'appétit: un repas typiquement Laotien servi sur des feuilles qu'Oun et Doui ont coupées dans un bananier à l'aide d'une machette. Les sautés et currys jusque là transportés dans de petits sachets de plastique sont vidés: les légumes, tofu, viande et sticky rice sont posés à même la feuille et tout le monde (y compris nos guides) se sert de façon conviviale avec les doigts sur une table improvisée à l'aide d'un kayak renversé. Au dessert, des bananes.

Un peu reposés et pas vraiment secs dans le cas de certains, forts de l'expérience de l'avant midi, nous prenons un grand plaisir à défier les vagues de la vingtaine de rapides que l'on rencontre jusqu'au village où nous passerons la nuit.

Il s'agit d'un village Khamu. Les Khamus ont fui le Cambodge lors de la guerre (entre autre contre les Khmers) et se sont éparpillés un peu partout au Laos. Il s'agit de tribus qui s'installent généralement à mi-chemin entre les montagnes et les vallées, près d'un cours d'eau.

Imaginez un instant qu'un touriste Japonais débarque chez vous un soir de semaine: vous rentrez du boulot et il vous regarde cuisiner, met la main à la pâte, soupe avec vous, discute (ou du moins essaie!), prend une bière avant d'aller prendre sa douche et de se coucher dans le lit que vous lui aurez préparé dans le salon.....

C'est un peu le principe de ce que nous avons vécu: mais quel quotidien différent du nôtre!!! nous débarquons au village au milieu duquel se baladent enfants, personnes âgées, coqs, canards, cochons, poules, chats, chiens....Hommes et femmes rentrent d'une journée à cultiver leurs terres situées plus loin, à quelques kilomètres dans la jungle. Les enfants sont poussiéreux, vêtus (ou pas) de vêtements dépareillés. Chacun, muni d'un panier dans lequel se trouve savon, brosse à dent et dentifrice passe à la douche, à la rivière ou à l'unique robinet situé en plein air sur la place centrale du village. Pas d'eau chaude évidemment. Les maisons sont sur pilotis et faites de bambou. La pièce principale sert à la fois de salle familiale, de cuisine, de salle à manger et dans un coin grésille en permanence un petit feu de charbon (oui oui, un feu DANS la cabane de bambou! Semblerait que la fumée chasse les moustiques). Il n'y a qu'une seule toilette (turque, mais d'une propreté immaculée) pour ce village composé de 250 personnes (plus ou moins 35 familles). Les Khamus sont anémistes: ils croient aux esprits, l'esprit des ancêtres, de la rivière, de l'arbre. Quand ils sont malades, c'est le Chaman qui les soigne: il trouve des herbes miraculeuses dans la jungle ou sacrifie une bête qui sera mangée. Le gouvernement leur a fourni l'électricité et l'eau courante mais ils vivent selon leurs rites et leurs coutumes. S'ils comprennent le Lao, il communiquent tout de même dans leur propre dialecte qui est bien différent.

N'allez pas croire qu'ils ne sont pas civilisés, loin de là: contrairement à nous, ils ont probablement compris et retenu l'essentiel de la vie...

Tout cela nous est raconté par Oun, notre guide interprète, alors que nous sommes rassemblés autour du feu commun du village en préparant le repas. La Green Discovery a une entente avec ce village et le guide prépare les repas pour les villageois en échange de leur hospitalité mais bientôt tout le monde y met son grain de sel (il faut d'ailleurs sans arrêt chasser les poules qui s'approchent pour picorer notre repas...vous saviez qu'elles mangent n'importe quoi?!?). Les enfants se dégênent, s'approchent, nous sourient timidement. Ils veulent voir nos photos et sautent de joie en se voyant! Oun nous explique que si les enfants ont parfois peur, c'est parce que les parents se servent souvent des 'falangs' pour les effrayer: "si tu n'es pas sage, le grand Falang aux cheveux jaunes, à la peau claire et aux yeux transparents viendra te chercher!!" Ils ont aussi parfois peur des appareils photos car ils craignent qu'une partie de leur âme n'entre dans l'appareil avec leur portrait. Mais ces croyances disparaissent de plus en plus.

Le repas est prêt et c'est autour de tables basses communes débordantes de plats simples et appétissants que l'on s'assoit et que Oun nous présente un à un les membres de cette famille si heureuse de nous recevoir: s'y trouvent notre hôte, son père, ses frères. Faute de place (et peut-être un peu de gêne) les femmes mangent avec les enfants dans la cabane voisine. Les plats sont communs et, encore une fois, tout le monde y plonge les doigts. Bientôt apparaît une bouteille de Lao-lao, et l'intense whisky fait à base de riz fermenté circule de main en main dans le même verre, pendant que la bière fait le tour dans l'autre sens. L'ambiance est à la fête, et les Khamus sont heureux de nous raconter leur vie, de nous poser des questions sur la nôtre grâce à l'aide de Oun! Ils sont curieux et intéressés. Les choses sont si différentes quand on peut se comprendre!!

Bientôt cependant tout le monde se met au lit car il faudra se lever tôt. Nos paillasses sont installées à même le sol de la salle commune et recouvertes de moustiquaires (délicatesse de notre hôte) et l'on s'endort bercés par le son de la rivière et des grillons…pour être réveillés à 3h du matin par les coqs et les poulets!!

C'est le matin et bientôt nous entendons la famille s'affairer autour du feu, tout le monde se lève, prend le petit déjeuner (oeufs brouillés tomates et oignons, sticky rice, café laotien et thé au gingembre). Les villageois, même les plus âgés, repartent vers la jungle et nous faisons nos adieux. Les femmes qui se sont assises avec nous pour discuter un peu au matin nous ont tricoté à chacun un petit sac en filet en guise de souvenir. Ces gens sont réellement attachants.

Avant de partir nous flânons dans le village et on s'arrête pour une petite visite à l'école pour discuter avec les étudiants. Ils se montrent très intéressés et les plus vieux nous posent plusieurs questions. On s'éternise un peu avant de repartir…surement parce que l'endroit nous manque déjà...

Les chinois influencent de plus en plus ce pays et les produits qu'ils offrent à bas prix sont plus facilement accessibles à ces tribus moins fortunées, et leur ouvre la voie au modernisme. Une grande route asphaltée sera bientôt construite tout au long de la Nam Tha: le traffic augmentant, cela amènera ces villages à beaucoup évoluer dans les années à venir. Il s'agit peut-être d'une excellente chose pour eux, mais nous sommes heureux de les avoir cotoyés tels qu'ils sont aujourd'hui.

On remercie tout le monde et on se dit "laa kaun" pour au revoir! Ce 'homestay' fut sans conteste l'une des plus belles et enrichissantes expériences de notre vie. Si bien que les mots, ou même les photos nous semblent bien fades pour le décrire.

Nous reprenons nos kayaks et la seconde journée se déroule sans incident (on a VRAIMENT compris le principe). Oun et Doui s'arrêtent plusieurs fois pour pêcher, sinon nous mourrons de faim pour le dîner. La pêche ne s'avère pas mauvaise et on accoste à l'embranchement d'une petite rivière pour monter un feu et y faire griller nos poissons du Mékong. On se baigne une peu dans la rivière et entamons la dernière étape de notre trek.

Le camion nous attend au dernier baan et nous ramène à Luang Namtha. On se couche, crevés, les muscles endoloris mais la tête remplie de belles images. Demain on prend le bus pour Nong Khiaw.









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